La Loi Handicap dans le milieu hôtelier français

À l’heure actuelle, les personnes souffrant d’un handicap physique font face à plusieurs difficultés de taille. Premièrement, prendre des vacances devient nettement plus compliqué que pour une personne en pleine santé puisqu’il faut trouver des activités et des établissements adaptés aux besoins spécifiques. Ensuite, il est souvent nécessaire d’être accompagné d’une autre personne puisque les déplacements en transport en commun ne sont pas très évidents. En bref, c’est un beau foutoir.

En 2005, une loi avait été votée pour forcer les prestataires de services à offrir les mêmes services aux personnes avec un handicap. Dans le secteur hôtelier, la commande était assez importante : il devenait nécessaire de moderniser les établissements pour que toutes les chambres soient accessibles aux occupants potentiels. L’annonce a fait grincer bien des dents et en 2013, on est encore loin d’un taux de conversion complet!

Appliquer la loi serait très dispendieux

Pour les bâtiments qui ont été construits il y a longtemps et qui ne possèdent pas d’ascenseur, c’est une vraie douche froide. Les dépenses pourraient atteindre près de 100 000 euros pour certains hôtels, beaucoup plus que ce que rapportera la venue de nouveaux clients à mobilité réduite, même sur une période de quelques décennies!

Charles Bernard, chargé du marketing web pout l’Hôtel St-Paul, abonde dans le même sens : « Je ne comprends pas pourquoi autant d’hôtels sont forcés par le gouvernement à faire ces rénovations. Pourquoi ne pas plutôt choisir certains lieux et offrir une subvention pour qu’ils deviennent spécialisés pour cette clientèle? Les seuls qui se réjouissent réellement de voir l’échéance de 2015 approchés, ce sont les compagnies qui oeuvrent dans le domaine de la construction et la rénovation. Un beau plan caché pour les engraisser! »

Vieil hotel

Ça vaut vraiment la peine, mettre à niveau un vieil hôtel comme ça?

Plusieurs établissements sont mis en vente

Certains propriétaires ont décidé que ce changement était suffisamment pour les mettre hors-jeu. L’hôtel Les Sablons, par exemple, a été mis en vente puisque la mise en place de tels travaux paraissait beaucoup compliquer pour ses deux propriétaires, deux professionnels qui approchaient de la retraite. Ceux-ci viennent déjà d’investir massivement pour resserrer la sécurité de leur établissement et ils devraient mettre encore la main à la poche pour se plier à la décision du gouvernement. Plutôt que de se lancer dans une procédure aussi compliqué, ils ont devancé la retraite.

Les différents types d’adaptations requises

Nous parlions précédemment qu’installer un ascenseur était une modernisation qui serait nécessaire pour les hôtels. C’est loin d’être le seul changement à apporter, toutefois. Les installations sanitaires devront elles aussi être aptes à recevoir une personne à mobilité réduite. Il ne faudra pas non plus laisser de côté les personnes non-voyantes ainsi que les personnes malentendantes. Les officiers gouvernementaux chargés du dossier pourront informer les propriétaires d’établissement sur l’ensemble des mesures qui doivent être appliquées pour « réussir » les contrôles liés au programme.

La procédure de dérogation, c’est possible?

Heureusement pour certains propriétaires désespérés, il y aura une poignée de chanceux qui seront en mesure de s’exempter de la conversion de leur hôtel. Quelques raisons expliquent qu’on pourrait invoquer la dérogation :

  • Un hôtel qui serait classé comme patrimoine architectural pourrait éviter les rénovations afin de garder son cachet d’antan.
  • Certains bâtiments ne sont tout simplement pas adaptables aux personnes à handicap, soit parce qu’ils sont trop vieux ou qu’ils sont carrément trop petits.
  • Enfin, si l’hôtel s’attend à ce que son activité soit grandement affectée par la mesure, il est aussi possible d’invoquer la dérogation. Ce serait par exemple dans le cas où la mise à niveau des installations risquerait de pousser l’hôtel à la faillite.