L’intransigeance de la Régie du Bâtiment du Québec

La Régie du Bâtiment du Québec, qu’on nomme souvent RBQ, est l’organisme en charge de réguler la sécurité des bâtiments au Québec. Dans les dernières décennies, elle s’est principalement fait connaître pour la mise en place des licences obligatoires (qu’on appelle communément les licences RBQ) pour les entrepreneurs en construction ainsi que pour son intervention lors de la crise de la légionellose. Comme elle sert à protéger les citoyens, la Régie fait preuve d’une certaine fermeté dans les dossiers qu’elle gère, quitte à faire grincer des dents ceux qui doivent adapter leurs façons de travailler en conséquence.

Il y a deux ans, une décision de la RBQ a toutefois fait bondir les résidents du Manoir Marc-Aurèle Fortin, qui accueille des personnes âgées. Selon elle, il serait impossible de maintenant les verrières installées sur le balcon des appartements des locataires.

Manifestation contre la RBQ

Les résidents ont manifesté contre la décision de la Régie.
Source: Jacques Pharand

Un petit soulèvement populaire

Pour se plaindre de cette décision, les personnes ont décidé de prendre la rue. Il faut dire que le coût d’installation de ces verrières était assez important, entraînant un déboursé de près de 4 000$ par personne. Celles-ci pouvaient donc se couper du vent tout en profitant des belles journées extérieures, alors que leur système immunitaire est un peu plus sensible que la moyenne des gens.

Quelles sont les raisons?

La Régie du Bâtiment a lancé un ultimatum aux locataires pour le 31 juillet dernier. Elle faisait valoir que l’utilisation du polymère et de l’aluminium sont à risque de brûler (ils ne sont pas à l’épreuve du feu), alors que le bâtiment, quant à lui, est pourtant incombustible. L’organisme croit donc que l’allumage d’un incendie dans ces verrières pourrait entraîner une explosion, ce qui nuirait évidemment à l’intégrité du bâtiment.

Les aînés demandent des concessions

Ceux qui luttent contre l’autorité en place tentent d’obtenir des concessions afin de ne pas mettre à terre la verrière dans laquelle ils ont investi. En échange de la tranquillité, ils seraient prêts à installer des détecteurs de chaleur et des extincteurs pour lutter efficacement contre le feu.

Ce sont des concessions envers lesquelles la RBQ semblait faire preuve d’ouverture il y a quelques temps. Pourtant, elle a changé son fusil d’épaule depuis.

Un faux risque, selon certains

Richard Melançon, qui réside au Manoir Marc-Aurèle Fortin, soutient avoir fait des tests pour s’assurer que les risques d’incendies n’existent pas réellement. Selon lui, les matériaux fondraient bien avant de prendre feu. Ainsi, l’analyse de la RBQ se baserait sur une fausse prémisse et devrait être renversée.

Une Régie au service du citoyen

Il est étonnant de voir une réaction aussi intransigeante de la part de la RBQ alors que celle-ci est habituée de protéger les citoyens. Les entrepreneurs en construction le savent très bien : impossible de construire ou de rénover sans avoir réussi ses examens de la RBQ. Ceux qui sombrent dans l’illégalité s’exposent à des amendes assez importantes.

La morale de l’histoire, c’est que les « gentils » peuvent eux aussi prendre des décisions qui sont inacceptables. C’est une très bonne chose que les résidents du manoir aient décidé de se tenir debout; espérons que l’issue du dossier leur sera favorable.

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