Réguler l’eau potable est-il souhaitable?

L’eau est sans conteste la ressource naturelle la plus importante pour l’homme. Passer quelques jours sans en consommer porte atteinte à la vie même d’une personne; il est donc essentiel de protéger l’intégrité et la pureté de cette eau salvatrice.

En règle générale, l’eau au Canada est plutôt déréglementée. Alors que certaines villes ont mis en place des compteurs d’eau, ce qui fait que les habitants sont forcés de payer selon la consommation journalière qu’ils en font. Ailleurs, les résidents paient plutôt un montant forfaitaire qui ne variera pas peut importante la longueur de la douche ou le nombre d’utilisations de la chasse d’eau. Outre ces mesures, il y a également la fluoration de l’eau qui est d’actualité.

Ces interventions gouvernementales sont-elles souhaitables? Étudions le sujet plus en profondeur.

Limiter la consommation d’eau

Les gens qui s’opposent à ce genre de limites diront que le Canada est le pays dans le monde avec les plus grandes réserves d’eau douce, représentant 9% de l’eau douce qui recouvre la planète (pour environ 0.5% de la population mondial, faut-il préciser). Le calcul reste tout de même un peu simpliste.

Pour la société, il y a des coûts importants à la filtration d’eau. Certains cours d’eau ont également une capacité limité d’alimenter les grandes villes : c’est pourquoi, en été, on interdit parfois d’arroser les pelouses et les voitures pour un certain temps, lors des sécheresses prolongées. La consommation excessive met donc en péril l’équilibre sanitaire ou encore l’équilibre budgétaire du Québec.

Les mesures mises en place par les municipalités pour stopper ce problème sont très efficaces, si on se fie aux données fournies par Environnement Canada. Plus concrètement, on peut dire qu’en 2009, les ménages dont la maison n’était pas équipée d’un compteur d’eau ont consommé une moyenne de 376 litres par. Si on fait la comparaison avec les ménages équipés des fameux compteurs, on voit que la consommation baisse à 229 litres, un écart astronomique!

Le scandale des compteurs d’eau

Notre blogue étant principalement à but juridique, il serait impossible de parler de compteurs sans relater un fait important qui soit arrivé dans l’actualité politico-médiatique montréalaise entre 2007 et 2009.

Gérald Tremblay

Tremblay ne l’a pas eu facile pendant ses mandats à la mairie.

Lors de la mise en place du Chantier sur l’eau, en 2002, l’administration Tremblay souhaitait trouver de nouvelles façons de mieux gérer les ressources d’eau sur l’île montréalaise. En août 2004, ce fut l’annonce officielle que la ville allait entrer en appel d’offre pour voir quelles entreprises privées allaient se charger du dossier. En 2007, le consortium GÉNIeau fut sélectionné pour installer et entretenir 30 000 compteurs sur l’île.

Le scandale ne découle pas du jeu de mots un peu bidon utilisé par le consortium : il découle plutôt du fait que BPR, la firme ayant travaillé à la mise en place de l’appel d’offres, était partenaire d’affaires de Dessau, un des membres du consortium. En fait, ils collaboraient ensemble dans trois autres consortiums!

Au final, le contrat fut annulé en 2009, ce qui entraîne le paiement d’une pénalité de 3.1 millions par la ville aux entreprises. Toutefois, quelques années plus tard, un arbitre en charge de régler le litige entre les deux partenaires força la ville à payer 10.2 millions supplémentaires.

Faut-il imposer des appareils économes?

À court terme, la meilleure façon semble d’utiliser les compteurs de façon universelle. D’autres économies importantes pourraient toutefois être utilisées si les ménages équipaient leur salle de bain de produits particuliers. Par exemple, la douche de la salle de bain peut voir son débit réduit de moitié avec l’ajout d’une douchette. Certaines toilettes, quant à elles, consomment un maximum de 6 litres d’eau lorsqu’on décide de tirer la chasse. Il est également possible d’installer des aérateurs d’eau sur les robinets pour diluer le débit de moitié. C’est sans compter les laveuses qui sont conçues de manière à utiliser moins d’eau… les options ne manquent pas. Si les législateurs croient que ces mesures seraient rentables pour la société, la mise en place d’incitatifs financiers serait peut-être la voie à étudier. Ce ne sera bien sûr que dans plusieurs années, voire quelques décennies.

La fluoration de l’eau, source perpétuelle de débats

Au Québec, en date du 3 juillet 2013, moins de 3% de la population buvait de l’eau fluorée. Pourtant, la Direction de la Santé Publique du Québec disait vouloir faire passer ce pourcentage à 50% en 5 ans.

Les gens qui sont en faveur de cette fluoration croient que ce serait une façon abordable d’améliorer la santé dentaire des québécois, ce qui réduirait par la même occasion les coûts reliés au système public de dentisterie comme nous le confirme le dentiste Antibes. Ils avancent également que ce fluor est sans danger et que plusieurs pays européens, ainsi qu’une bonne partie du Canada et des États-Unis, consomment du fluor par le biais de l’eau.

Les opposants, toutefois, croient que les gens sont eux-mêmes parfaitement capables de prendre soin de leur santé dentaire. Ils mentionnent également que le fluor est un produit qui est nocif lorsque consommé en trop grande quantité, contenant notamment des neurotoxines.

Dans ce dernier cas, il est bien difficile de se faire une opinion bien arrêtée à savoir s’il faudrait permettre ou non cet acte d’hygiène public. Doit-on sacrifier la liberté individuelle au profit des croyances de l’industrie du fluor?