Québec veut réglementer les pesticides au golf

Les terrains de golf du Québec sont reconnus pour combattre férocement les uns contre les autres pour l’acquisition de nouveaux clients : il y a trop de terrains pour le nombre d’habitants de la province. Les moyens promotionnels sont divers : de gros rabais, des tournois de golf, même les gazons plus verts peuvent avoir un impact sur le choix des consommateurs. Ce sont justement les abus qui sont engendrés par ce dernier critère que le Gouvernement du Québec a décidé de combattre.

Il fut annoncé en mai 2013 que le Ministère du Développement Durable, de l’Environnement, de la Faune et des Parcs, qu’on connait sous l’acronyme MDDEFP, souhaitait s’entretenir avec la population quant à l’utilisation des pesticides par les clubs de golf de la province.

Deux poids et deux mesures.

Depuis que le gouvernement a passé une loi en 2003, il est interdit qu’un québécois arrose sa pelouse avec des pesticides. En le faisant, il s’exposerait à de sévères amendes ainsi qu’à la réprobation de son voisinage. Pour les propriétaires de clubs de golf, toutefois, la situation n’est pas la même puisqu’aucune mesure contraignante n’existe pour les forcer à se corriger.. Les organismes de défense de l’environnement tels qu’Équiterre s’insurgent que l’industrie n’ait pas réduit de façon importante son utilisation de pesticide. Les clubs doivent maintenant faire un rapport annuel au gouvernement, mais c’est tout.

Golf pesticides

Les golfeurs sont malheureusement forcés d’être exposés à de fortes quantités de pesticides.

Les pesticides principaux

Les établissements de golf à Montréal utilisent différents types de pesticides pour permettre à l’herbe d’être plus verte et pour tuer les vilaines mauvaises herbes. On fait d’abord appel aux fongicides comme le quintozène et et l’iprodione. Ces produits chimiques s’avèrent particulièrement utile pour protéger la surface des terrains contre la moisissure qui peut être causée par la neige durant la saison hivernale. On fait ensuite appel aux différents herbicides.

Le texte de loi n’est pas encore arrêté

Sylvain Dion, qui pilote le bureau chargé d’analyser l’affaire au MDDEP, dit qu’aucune solution n’a été choisie pour l’instant. Les différents acteurs de l’industrie ainsi que la population auront tous leur mot à dire afin de déterminer la réglementation à mettre en place. M. Dion mentionne qu’il pourrait même bannir certains produits qui sont particulièrement nocif. C’est une solution qui effraie bien entendu les propriétaires de clubs de golf, qui font face aux exigences extrêmement hautes de certains joueurs quant à la qualité des terrains.

Certaines directives pour contrôler les dégâts des pesticides

Actuellement, le Ministère du Développement Durable, de l’Environnement, de la Faune et des Parcs propose certaines mesures aux clubs de golf et aux autres établissements pour réduire le risque que les pesticides se déplacent dans les cours d’eau et endommagent les écosystèmes locaux. Voici les principales actions qui sont recommandées :

  • Effectuer les traitements lorsque la température extérieure se situe sous la barre des 24 degrés Celsius.
  • Ne pas vaporiser des pesticides près des cours d’eau. La distance idéale à respecter sera de 40 mètres.
  • Éviter d’utiliser des pesticides lors des journées venteuses afin de limiter leur dispersion dans l’air.
  • Faire le suivi de la quantité de pesticides dans les eaux environnantes.
  • Mettre en place un dispositif antidérive.

L’Association des terrains de golf du Québec a elle-même mis en place une politique de certification permettant aux établissements les plus verts que leurs bonnes pratiques soient reconnues. Jusqu’à présent, on ne peut pas dire qu’elle attire les foules : seulement deux clubs dans tout le Québec étaient certifiés en date du mois de mai 2013. Sur une population totale de 330 clubs de golf, c’est un chiffre qui ne représente pas encore 1%.

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