Les procès d’animaux au Moyen-Âge

Les animaux sont souvent considérés comme les outils de l’être humain: ils servent à son transport, à son alimentation, à sa défense ainsi qu’à son plaisir personnel. Leurs droits sont relativement limités: on verra rarement une vache ou un mouton aller en cour sous prétexte d’avoir commis une mauvaise action! En fait, ce n’est plus le cas.

Vous serez peut-être surpris d’apprendre que les procès d’animaux étaient chose commune à l’époque médiévale. Nous avons déterré un article publié sur l’Encyclopédie Wikipedia afin de vous expliquer un peu comment on procédait à l’époque. Ne craignez pas la source: grâce aux références très bien étayées par ces auteurs, on peut quand même accorder une certaine crédibilité au contenu qui suivra.

Une distinction entre les procès civils et criminels

Tout comme la justice humaine, la justice animale était à deux vitesses: la juridiction pénale et l’instance civile.

Procès animal

Jurez-vous de ne grogner que la vérité?

Juridiction pénale: Selon les écrits, ce serait aux environs du 11e siècle que ces procès auraient commencé. Le premier cas répertorié est celui d’un porc qui aurait dévoré un jeune enfant: il fut bien sûr condamné à la peine de mort par le feu (le bûcher). L’exécution n’était pas commise dès l’événement: l’animal accusé devait d’abord être emprisonné dans la prison de la juridiction jusqu’à ce que l’enquête soit complétée. Le processus était si officiel qu’on prenait même la peine d’annoncer la sentence à l’animal dans sa prison! Il n’était toutefois pas assigné à comparaître… pour une raison assez évidente.

Les frais d’exécution de l’animal devaient être payés par le maître et non pas par le royaume. Enfin, dans les cas honnis de zoophilie, le maître ET l’animal trépassaient.

Instances civiles: C’est dans ce deuxième cas que l’absurdité était à son comble. Pour des délits plus minces comme les ravages de propriété publique ou privée, les animaux étaient assignés à comparaître par un sergent ou un huissier, qui devait produire l’assignation à trois reprises afin de s’assurer que les animaux accusés aient la chance de quitter les lieux. En cas de refus, un curateur, un homme de loi, se chargeait de les défendre (avec enthousiasme, pas seulement de façon factice!) contre les témoins de la poursuite.

L’Église eut plusieurs démêlés avec des insectes sans scrupules. Au bout de longues procédures, plusieurs d’entre eux furent excommuniés pour leurs crimes. L’histoire ne mentionne malheureusement pas quel était le pourcentage de sauterelles adeptes du catholicisme

Note aux insectes: Grignoter les récoltes d'un évêque n'est pas une bonne idée!

Note aux insectes: Grignoter les récoltes d’un évêque n’est pas une bonne idée!

Quand fut rendu le dernier jugement contre un animal?

Toujours selon l’article cité ci-haut, le dernier jugement aurait été rendu en France en 1741. L’accusée était une vache.

Qu’en est-il de la justice aujourd’hui?

Aujourd’hui, les animaux se trouvent dans un genre de vide juridique: les procès et les excommunions n’ont plus vraiment lieu mais cela ne veut pas dire que les bêtes sont mieux protégées contre la folie de l’Homme, au contraire. Les cas de cruauté envers les animaux domestiques sont communs et les conditions d’élevage des animaux pour la consommation alimentaire n’ont cessé de se dégrader au fil des décennies. Même les chiots destinés à l’adoption sont souvent élevés dans des « usines » et subissent des traitements inacceptables!

Justice Canada publiait il y a quelques mois un article sur les lois et les plans de protection des animaux au Québec. Vous pouvez le lire pour comprendre un peu mieux comment notre société tente de leur offrir conditions de vie décente; malgré les bonnes volontés du MAPAQ, vous devez tout de même savoir qu’il y a un long chemin à parcourir avant que justice soit faite.